Si nous imaginons le monde idéal de Graydon Hoare, dans lequel le langage Rust serait utilisé partout, nous devons faire face à une réalité préoccupante. Une hégémonie totale de Rust risque de créer une monoculture : le monopole d'un seul langage sur l'ensemble de l'écosystème logiciel mondial.
Le piège de la monoculture
Bien que Rust offre d'indéniables avantages en matière de sécurité, dépendre exclusivement de lui présente des risques majeurs :
- Licences et contrôle : De futures restrictions sur les licences ou la distribution pourraient limiter l'accès pour les développeurs indépendants.
- Consolidation d'entreprise : Un oligopole de géants de la tech pourrait facilement s'approprier le contrôle de l'évolution de l'écosystème.
- Absence de redondance : Placer tous nos œufs technologiques dans le même panier rend l'industrie vulnérable aux failles systémiques.
À la recherche d'alternatives
Dans le contexte de la fameuse « Crise du niveau C » (l'insécurité structurelle des bases de code héritées en C/C++), Rust est apparu comme un sauveur. Pourtant, le considérer comme l'unique solution est une erreur. Nous ne devons pas dépendre d'une clé unique pour résoudre ce problème mondial.
Aujourd'hui, il existe peu d'alternatives viables et matures à Rust dans le domaine des systèmes à mémoire sécurisée. Cette situation doit évoluer. L'industrie doit de toute urgence concevoir et soutenir de nouveaux langages système pour garantir un avenir technologique résilient, ouvert et compétitif.